Le tout petit enfant

Dès sa naissance, l’enfant est porteur d’un monde sonore qui lui est propre,  d’expériences, d’impressions  sonores : la voix de sa mère, celle de son père, celles de sa fratrie. Tout bébé, il vocalise, gazouille, module, fredonne, crie, roucoule… Il est sensible à la voix de ses proches et les imite. Ce monde sonore s’enrichit au fur et à mesure que l’enfant va grandir.

L’enfant porte en lui une force vitale créatrice qui le pousse sans cesse à explorer son environnement, à expérimenter, à se mouvoir, à affiner ses sens et ses mouvements, à ordonner, à développer son adresse manuelle et ses capacités sensorielles.

L’enfant s’imprègne de l’ambiance, des musiques qu’il entend, des sons de la vie quotidienne. De lui-même, il reprendra une mélodie puis les paroles d’une chanson.Il s’exercera à produire des rythmes, des sons variés… avec tout espèce d’instrument à sa disposition.

Ses premières expériences d’autonomie sont la capacité à se nourrir seul, à marcher debout, à parler le langage de ceux qui l’entourent. Il est tout particulièrement dans une période de découverte du monde

les moments musicaux s’inscrivent dans la tradition orale des premiers récits.

A la rencontre d’un milieu ambiant nourricier

Naturellement l’enfant va toucher, porter à la bouche, sentir, regarder et puis aussi ; il entend les sons, les bruits, les paroles, les musiques ; il tend l’oreille… son corps bouge, trouve un rythme, esquisse des pas de danse… L’enfant peut aussi écouter tout en faisant autre chose, en silence, en jouant…

La voix  permet une communication émotionnelle entre le parent et l’enfant

Dans la musique, l’oreille fonctionne mais aussi tout notre corps, mis en vibration par l’intermédiaire de la voix, la nôtre, celle de l’autre, des autres.

Les comptines et jeux chantés ont une place privilégiée

Les mots, la voix chantée, le contact, les mouvements, vont enrichir la communication entre l’enfant et l’adulte en lui donnant sens.

Les histoires racontées donnent des repères, ou encore font entrer dans un imaginaire, ou permettent  d’exprimer des émotions.

Les jeux de mains, de visage ou encore les sauteuses, jeux de bateau sur l’eau…, jeu de cheval…, chutes… vont permettre à l’enfant de prendre conscience de son corps, d’affiner ses mouvements, de se découvrir « Soi », en relation à l’autre.

L’enfant grandit. C’est un être en construction.

Les premiers livres d’éveil de la personnalité de l’enfant sont le corps vivant de l’enfant. Le visage, les mains, les doigts, le corps de l’enfant. Ses capacités sensorielles et motrices sans cesse en éveil.

Les moments musicaux s’adressent à cet enfant qui grandit et à ses parents.

La proposition est d’offrir à l’enfant et ses parents, un espace « temps et lieu » réservé, pour développer une activité  artistique, ludique et culturelle, à vocation sociale et forte dimension affective et humaine.

Artistique= l’art de la parole, l’art du chant, l’art de la musique

Ludique = par le jeu, l’enfant se construit lui même. Le je et le jeu sont intimement liés. Les moments musicaux proposent les jeux chantés de la tradition aux tout petits et leurs parents.

Culturelle= Une entrée dans le récit. Les formulettes, jeux de doigts sont les premiers récits.

Sociale = Les moments musicaux sont des moments de partage, de « faire ensemble’ dans la gratuité, la simplicité, le don réciproque et le plaisir.

Affective = la relation, l’échange, la voix…

La médiathèque aujourd’hui est le point de rencontre de ces différentes composantes, artistique (tout savoir est un art), culturelle (lieu de transmission des mémoires, des savoirs, chaque livre est une mémoire), et sociale.

Conclusion

La tradition orale se perpétue; l’imaginaire enrichi va stimuler la curiosité, donner une appétance pour les récits.

La chanson est le langage des tout petits. La langue, le récit sont terre d’accueil pour l’enfant

L’enfant éveillé prendra goût aux récits, aux livres qui lui seront lus, racontés…

Chaque enfant est un comme un livre vivant;  porteur d’une histoire propre. Son existence s’incrit dans une lignée. Etre de parole et de langage, l’enfant vit en appartenance à une communauté. Il a besoin avec sa famille de lieux d’acceuil qui lui font sens en tant que personne humaine en construction et en devenir.