Le répertoire traditionnel des enfantines scandent l’expérience répétée que le bébé d’abord récepteur, fera de ses limites corporelles. La trace de plaisir laissée par la main de la mère sur la peau de l’enfant l’aide à constituer la frontière imaginaire qui sépare le dehors et le dedans

Par exemple… Je secoue ma petite paillasse

Je secoue ma petite paillasse

Je fais mon petit lit

Qu’est ce que je vois?

Une petite souris

qui monte, qui monte, qui monte…

Guili, guili, guili…

L’adulte secoue doucement la main de l’enfant puis la caresse. Il fait sentir la petite souris par des chatouillis sur la paume; suivix d’un effleurement léger jusqu’au cou ou l’aisselle

A LA DECOUVERTE DU CORPS

Puis, des jeux d’exploration de plus en plus précis, où Enfant et Adulte deviennent partenaires. Bebe se concentre sur certaines parties du corps dont la découverte devient passionnante.

Par exemple…Un bouton, un oignon

Un bouton, un oignon

Un bouton

Un oignon

Une agrafe

Je t’attrape!

L’index fait pression sur le ventre de l’enfant, 

puis, sur sa poitrine, 

l’adulte saisit ensuite le menton de l’enfant

Enfin il lui saisit le bout du nez et fait mine de lecacher dans sa main

 

Par exemple… Bélier, bélier

Bélier, bélier, bélier

Boum!

l’adulte et l’enfant, face à face, rapprochent 

lentement leurs visages l’un de l’autre et les font 

se rencontrer, front contre front sur le BOUM!

 

Par exemple… Ma poule a pondu un oeuf

Ma poule a pondu un oeuf

Celui là l’a vu

Celui là l’a ramassé

Celui là l’a fait cuire

Celui là l’a tout mangé

Il n’a rien laissé pour le petit dernier!

Lèche le plat, lèche le plat!

 

Caresser la paume de la main de l’enfant

Entre deux doigts, saisir le pouce

puis l’index

puis le majeur

Puis l’annulaire

et enfin l’auriculaire

JEUX DE BALANCEMENT, DE SAUTS, DE CHUTES

La conquête de la position assise, permet à l’enfant d’être à califourchon sur les genoux de l’adulte.

Pour vivre la joie du balancement, il a tout d’abord besoin de se sentir maintenu entre les bras de ses parents. Il lui suffira plus tard de se tenir juste par les mains..

Qu’y a -t-il à l’origine du plaisir éprouvé dans ces jeux de balancement?

Plaisir qu’on retrouve tout au long de la vie de l’homme, du berceau à nacelle, à la balançoire, du hamac au fauteuil à bascule…

Ce plaisir est associé au sentiment de calme et de sécurité qui appelait le sommeil , entre les bras de la mère, quand elle berçait ou quand elle chantait des berceuses…

Dans ces jeux, les paroles s’inspirent des thèmes de l’eau et du bateau, évocateurs de roulis et de tangage. Mais elles ont aussi un sens plus profond, puisque la mer et l’eau sont des symboles maternels… Rappel de la vie prénatale, du bercement dans le liquide amniotique, des permières traces auditives de l’existence: les rythmes physiologiques du corps maternels, toujours binaires, tels que le battement cardiaque, les sensations éveillées par la marche, le rythme respiratoire. Ces jeux de balancement permettent au bébé d’éprouver la continuité du sentiment d’exister.

Et puis « Plouf! » le balancement cesse. L’enfant est lâché en arrière, entre les jambes de sa mère, qui le retient et le serre contre elle. L’éclat de rire de l’enfant est souvent suivi de « Encore!… »

….Met-on là en mots, joue-t-on là, encore et encore, l’expérience inaugurale de la naissance?

Dans cette expérience que l’enfant fait d’être lâché dans le vide (toujours regard de l’enfant suspendu au visage de l’adulte), il y a abandon, perte de soi, risque, mais aussi confiance en cet autre plus fort que soi. Joie des retrouvailles… Joie triomphale d’avoir vaincu la peur, tout cela montre l’importance de cette expérience répétée dans la tentative de maîtrise de la séparation.

Par exemple… – Ding, dong – Bateau sur l’eau

 

Bateau sur l’eau

La rivière, la rivière

Bateau sur l’eau

La rivière au bord de l’eau

Plouf!

 

L’enfant est à califourchon sur les genoux de l’adulte qui le tient face à lui et le balance d’avant en arrière

« Plouf » marque la chute soudaine en arrière

L’enfant plus jeune peut être tenu assis , son dos bien calé contre l’adulte et sur le plouf, ils roulent tous deux en arrière, ensemble

Ding, dong

Le papa est à la vigne, la maman à la maison

Portera un papillon, Enfermé dans un chaudron

Le chaudron était percé…

Le papillon s’est envolé !

Bercement latéral sur les genoux de l’adulte.

Puis à la fin, l’enfant est soulevé en l’air

 

 

 

JEUX DE CHEVAL

Outre le contexte historique du temps où le cheval était à la fois, outil de travail, moyen de transport, compagnon de combat…. Le cheval occupe aussi depuis toujours une place importante dans l’imaginaire de l’enfance.

Le cheval domine ainsi pleinement tous ces jeux de rythme qui entraînent l’enfant dans un mouvement de plus en plus rapide allant du pas compté au galop. L’excitation et le plaisir suivent cette même courbe ascendante qui s’arrête souvent par une chute: « Boum! »

Il faut que le plaisir ait une fin… pour pouvoir recommencer.

Par exemple… Petit cheval va au marché

Petit cheval va au marché

Au pas, au pas, au pas.

Petit cheval va au marché

Au trot, au trot, au trot

Petit cheval va au marché

Au galop, galop, galop.

Boum!

L’enfant est à cheval sur les genoux de l’adulte, qui le tient par les mains.

Il est important de marquer le rythme, qui va s’accélérant en trois temps, du pas au galop.

A la fin l’enfant est renversé en arrière.

L’enfant plus jeune peut aussi être assis, dos contre l’adulte et à la fin, l’enfant chute entre les jambes écartées de l’adulte..